La perte de poids : bonne ou mauvaise ?

Texte d’opinion

Comme vous avez pu le remarquer, la perte de poids est une thématique récurrente sur mon blog depuis le début de l’année 2019. C’est un domaine de la nutrition et de la santé qui m’intéresse énormément et qui continue sans cesser d’intéresser la recherche. Néanmoins, parler ouvertement de perte de poids (et même la promouvoir comme je le fais en tant que professionnelle en nutrition), soulève parfois des commentaires auprès de mes collègues. Malgré cela, je préfère continuer d’en parler, de mettre de l’avant les plus récentes données scientifiques dans le domaine et d’ainsi sensibiliser la population à des approches durables et réellement efficaces.

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Photo de Pixabay sur Pexels.com

Selon certains, la perte de poids est quelque chose à éviter, comme un sentier hasardeux dans lequel il est déconseillé de s’y engager. En effet, le maintien du poids n’est pas chose facile. Il est vrai que les données scientifiques parlent d’elles-mêmes :

  • pas moins de 80 % des adultes et des enfants qui s’engagent dans un processus de perte de poids reprennent tout le poids perdu après quelques années.
  • Seulement 20 à 30 % des gens arriveraient à maintenir une perte de poids d’au moins 10 % du poids initial, plus d’un an après la fin du traitement.
  • L’Enquête nationale en santé et en nutrition (NHANES) effectuée aux États-Unis de 1999 à 2006 a révélé que seulement 17% des adultes en surpoids ou obèses sondés rapportaient avoir maintenu au moins 10% de leur perte de poids pendant un an.

 

Toutefois, est-ce que ces données peuvent générer une crainte de perdre du poids? De freiner les ambitions d’un individu à entreprendre une telle démarche ?

 

De mon point de vue de nutritionniste/diététiste qui travaille quotidiennement avec des clients en perte de poids, je ne crois pas nécessairement qu’il faille fuir et éviter la perte de poids, mais plutôt s’assurer qu’elle soit faite pour une raison valable et surtout, de façon équilibrée. D’ailleurs, il est intéressant de constater à quel point le fait de discuter/vouloir mettre en place un déficit calorique ou même le fait de compter ses calories est parfois mal vu, même diabolisé.

 

D’un côté, on assiste à une popularité grandissante du mouvement anti-diète et de l’alimentation intuitive, et de l’autre, les gourous adeptes de diètes draconiennes et irréalistes ont encore la cote. Il est difficile de trouver le juste milieu.

 

Dans une telle société où cette confusion règne, d’autres mettent de l’avant l’acceptation de soi, tel qu’il est, même si le poids de l’individu l’expose à des problèmes de santé. En ce sens, la promotion de la perte de poids est perçue comme étant marginale, dérangeante. Désirer changer son corps et l’exposer à la faim est perçue comme étant une mauvaise chose… l’est-ce vraiment ?

 

Est-ce que la faim est négative ? Est-elle mauvais d’avoir faim ? La faim représente un ensemble de sensations physiques reliées au manque de nourriture. Il n’y a pas ici de connotation positive ou négative. C’est un mécanisme purement physiologique. Il est normal de ressentir la faim lorsqu’on crée un déficit calorique et que l’on ingère moins de calories que ses besoins.

 

Néanmoins, la faim porte désormais une connotation négative. L’alimentation intuitive, une approche de plus en plus populaire, l’écoute de son corps et le fait de se nourrir de façon intuitive, de choisir les aliments et les portions dont on a envie, quand le corps nous envoie ses propres signaux. Une approche innovante qui convient à de plus en plus d’individus.

 

Là est le point : j’adhère à de nombreux aspects du mouvement anti-diète et à l’alimentation intuitive. Cependant, je prône également l’utilisation de certains outils quantitatifs, fortement utiles dans certains contextes. Je m’explique : beaucoup d’individus ne savent pas comment s’alimenter de façon intuitive désormais, car ils ont tenté toutes les diètes populaires, ont été en déficit calorique important de façon prolongée ou les ont simplement ignorés depuis trop longtemps. En ce sens, le fait de manipuler les macronutriments, tel qu’amener l’individu à consommer plus de protéines et/ou à gérer ses portions ou ses calories peut lui être fortement bénéfique.

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Une perte de poids qui s’accompagne non seulement d’un changement d’habitudes (changement de l’alimentation et intégration de l’activité physique), mais également d’un changement de mentalité peut littéralement changer une vie. Ce fut le cas pour moi. La perte de poids a changé la relation avec mon corps et m’a rendue plus à son écoute. Elle m’a permis d’être plus à l’aise lors d’une activité physique et lors de l’achat de vêtements. Sans parler des changements bénéfiques au niveau psychologique…

 

Vous désirez perdre du poids pour une raison de santé ou vous sentir mieux dans votre corps ? Bien. Néanmoins, vous devrez adopter une démarche qui vous amènera à créer un déficit calorique. Est-ce qu’une perte de poids lente est préférable à une perte rapide ? Il semblerait qu’il n’y ait pas de différence. C’est la période de maintien par la suite qui est la plus critique. Pour la plupart, un léger déficit calorique de 10 à 20 % est suffisant. Ce type de plan prend davantage de temps, mais est également plus plaisant et connait généralement plus de succès parce qu’il est plus réaliste pour la plupart des styles de vie. Toutefois, pour certains individus, un déficit calorique plus grand, allant jusqu’à 40% sur une courte période fonctionne mieux tant que l’individu y adhère. Évidemment, je ne suggère pas ce genre de plan à tous, puisqu’il est crucial d’entretenir une bonne relation avec la nourriture ainsi qu’avec son image corporelle et d’avoir un état psychologique stable.

 

La faim n’est pas une mauvaise chose. La création d’un déficit calorique n’est pas toujours une mauvaise chose. Néanmoins, la raison pour laquelle vous désirez perdre du poids peut déterminer si cette démarche vous convient ou non.

 

  • lomain, ES., Dirhan, DA et coll. Mechanisms of weight regain following weight loss. ISRN Obesity, 2013; 210524.
  • Wing RR, Phelan S (2005) Long-term weight loss maintenance. Am J Clin Nutr 82:222S–225S
  • Tremblay, A., Royer, M-M., Chaput, J-P., et Doucet, É. Adaptative thermogenesis can make a difference in the ability of obese individuals to lose body weight, International Journal of Obesity, 2013; 37: 759-764.
  • Cormier, MA. Is your brain to blame for weight regain? 2011; 104(4): 608-612.

1 commentaire

  1. Le sujet qui n’en finira jamais. Le poids de quoi ? Il y a toujours une souffrance psychologique et le poids n’est qu’une façade et un commerce très lucratif.
    D’ailleurs, les régimes alimentaires existent depuis longtemps mais ne fonctionnent pas.
    Je me demande toujours pourquoi insister sur un truc qui ne fonctionne pas.
    Bonne journée 😘

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