L’isolat de protéine de pomme de terre pour bâtir du muscle?

L’isolat de protéine de pomme de terre pourrait-il être prometteur en contexte de nutrition sportive? C’est sur quoi une équipe de chercheurs de l’Ontario s’est penchée durant la dernière année. C’était d’ailleurs une thématique qui avait piqué ma curiosité lors de la formation ISENC (International Sport, Exercice and Nutrition Conference) que j’ai suivie en décembre 2020.

Le titre de l’article en question : Potato Protein Isolate Stimulates Muscle Protein Synthesis at Rest and with Resistance Exercise in Young Women, par Oikawa et coll., entre autres le réputé Dr Stuart Philips.

Lien vers l’article (libre d’accès) ici https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32349353/

Photo de Pixabay sur Pexels.com

De la leucine dans la protéine de pomme de terre

Il est bien connu que la leucine est le principal acide aminé essentiel qui stimule la synthèse des protéines musculaires (MPS). La teneur en leucine de la plupart des protéines végétales est généralement assez faible. Toutefois, de récentes études indiquent que la protéine de pomme de terre contient une quantité intéressante de leucine, ainsi que d’autres acides aminés essentiels.

Caractéristiques de l’étude

L’étude de Oikawa et coll. (en lien plus haut) visait à examiner les effets de la protéine de pomme de terre sur le processus de la synthèse des protéines musculaire (MPS), avec et sans entraînement en résistance, chez les femmes en bonne santé. Notons que les participantes pratiquaient de l’activité physique de manière récréative, mais ne respectaient pas les directives canadiennes en matière d’activité physique (150 minutes d’exercice d’intensité modérée par semaine). Elles ne faisaient pas d’entraînement en résistance avant l’étude.
L’étude était d’une durée de deux semaines.

Les 24 femmes ont été séparées au hasard en deux groupes :

  • Groupe 1 (PP) : diète comprenant 25 g de protéines de pomme de terre, deux fois par jour.
  • Groupe 2 (CON) : diète témoin sans supplémentation en protéines de pomme de terre.

Avant de commencer l’intervention, les participantes ont suivi une alimentation de base contenant 0,8 g/kg/jour de protéines pendant une semaine.

Tout au long de l’intervention de 2 semaines, le groupe PP a consommé un total de 1,6 g/kg/jour de protéines, tandis que le groupe CON a consommé 0,8 g/kg/jour. Les participantes ont suivi une alimentation eucalorique (apports = dépense énergétique) et ont effectué 3 séances d’entraînement en résistance par semaine tout au long de l’étude.

La MPS a été mesurée au départ (avant la supplémentation), au repos et après l’entraînement. En se basant uniquement sur les moyennes des changements évalués, la protéine de pomme de terre aurait augmenté un peu plus la MPS au repos comparativement au placebo, sans protéine de pomme de terre. Toutefois, l’augmentation de la MPS au repos suite à l’entraînement était pratiquement identique pour les deux groupes. Ainsi, il n’y avait aucune différence significative de MPS entre les groupes à certains moments.

À retenir

En raison du manque de différences significatives entre les groupes, il semble difficile de recommander de passer d’une protéine d’origine animale (comme la whey (lactosérum)) à une protéine de pomme de terre sur la base de ces données. La protéine de lactosérum est une protéine d’excellente valeur biologique et son utilisation est soutenue par des évidences scientifiques solides.

En ce sens, si vous ne suivez pas un régime végétalien ou une intolérance aux produits laitiers, il semble que la protéine de lactosérum et une variété d’autres sources de protéines d’origine animale et végétale sont à favoriser. Plusieurs protéines d’origine végétale sont des choix intéressants, mais peuvent nécessiter des doses plus élevées pour provoquer les mêmes effets anabolisants que les sources de protéines d’origine animale.

Ainsi, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer comment la protéine de pomme de terre se compare à d’autres suppléments protéiques à base de plantes, tels que le soya, les haricots, le riz et les pois.

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