Une calorie EST une calorie

Ces dernières années, de nombreuses spéculations, fausses croyances et idéologies à propos de la problématique de l’obésité et de la perte de poids sont apparues et se sont répandues comme une trainée de poudre. Un grand nombre d’entre elles spéculent que le concept et l’unité de calorie est obsolète. Autrement dit, le nombre de calories ne serait pas important, ce serait la qualité qui importe. Or, les évidences scientifiques publiées au cours des dernières décennies ne supportent aucunement ces hypothèses.

Même si cela semble arriéré, une calorie EST une calorie. Même la plupart des théories saugrenues qu’on peut entendre arrivent à cette conclusion, à leur plus grand désarroi.

Si on s’en tient à la base, une Calorie demeure une Calorie puisqu’il s’agit d’une unité d’énergie. En ce sens, une Calorie (une calorie/kilocalorie équivalant à 1000 calories) est la quantité d’énergie nécessaire pour réchauffer un gramme d’eau de 1 ° C. Il s’agit ici d’un concept scientifique de base. Au sens figuré, la question de savoir si une Calorie est une Calorie fait référence à l’idée que le nombre de calories consommées n’importe pas comparativement à la qualité des macronutriments (glucides/protéines/lipides) ingérés. Selon cette idée, le nombre de calories ingérées ne serait donc pas pertinent dans la problématique de l’obésité… Par ailleurs, cela a donné naissance à de nombreuses « théories » et spéculations marginales pour expliquer l’épidémie mondiale d’obésité.

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On peut penser au «modèle glucides-insuline» de l’obésité, élaboré par Gary Taubes et Robert Lustig, postulant que l’apport en glucides influence la libération d’insuline, qui favorise la mise en réserve d’énergie au niveau du tissu adipeux plutôt que de permettre l’utilisation des graisses (tissu adipeux) comme substrat énergétique. Cela dit, cette « théorie » donnerait un avantage métabolique aux diètes à faible teneur en glucides (low carbs), puisque l’utilisation de l’énergie provenant du tissu adipeux conduirait à des effets délétères au niveau du métabolisme et des sensations de faim. En d’autres mots, les gens auraient plus de difficulté à perdre de la graisse corporelle et gagnerait plus facilement du gras avec un régime riche en glucides, et ce, peu importe le nombre de calories consommées.

Malgré son allure simplifiée et séduisante, cette hypothèse (et d’autres similaires non évoquées ici) n’est pas soutenue par les évidences scientifiques publiées au cours des dernières décennies.

À la lumière de nombreuses discussions à propos de cette thématique, une série d’études randomisées contrôlées a été commanditée par Taubes lui-même, qui est un cofondateur du groupe NuSI (Nutritional Science Initiative). En collaboration avec le National Institute of Health et dirigés par le Dr Kevin Hall, sommité dans le domaine de l’obésité, les résultats de ces études ont été publiés au cours des deux dernières années.

Dans leur étude réalisée en 2015, 19 participants obèses, hommes et femmes, ont été assignés au hasard soit à un régime avec une restriction calorique de 30% provenant spécifiquement des glucides OU des lipides. Les participants ont expérimenté les deux diètes de façon croisée après avoir eu une période de « wash-out », durant laquelle ils prenaient une pause des programmes prescrits. Il a été observé que, malgré une baisse des niveaux d’insuline associée à un régime faible en glucides, les participants ont perdu davantage de gras suite à la diète riche en glucides/faible en lipides.

Un an plus tard, les résultats d’une autre étude rigoureusement contrôlée ont été publiés, dans laquelle 17 hommes en surpoids ou obèses ont suivi une diète riche en glucides (réduite en calories) durant quatre semaines. Par la suite, ils ont suivi une diète cétogène (encore en déficit calorique, calories et protéines appariées) durant un autre quatre semaines. Les données provenant d’une chambre métabolique ont révélé que la dépense énergétique moyenne était augmentée d’environ 151 kcalories par jour pendant la diète cétogène, ce qui s’accompagnait d’une baisse du taux d’oxydation des lipides et d’une perte de masse maigre.

En ce sens, surement avec de la consternation de la part de Taubes, les résultats de ces deux études ont rejeté le «modèle glucides-insuline» de l’obésité.

(Propos adaptés de l’article «A Calorie is Still a Calorie, According to Rigorous New Evidence» (Howell & Kones, 2017) – Accès gratuit au texte ici).

Ces propos ramènent à l’idée que, malgré l’accumulation de ces évidences scientifiques, beaucoup de croyances persistent encore quant à la « suprématie » de certaines diètes par rapport à d’autres.

Or, la vérité est que TOUTES les diètes fonctionnent selon un mécanisme simple : la création d’un DÉFICIT CALORIQUE. L’explication n’est pas plus complexe.  Si on prend par exemple, les diètes qui limitent certains aliments/groupes d’aliments (comme la diète cétogène [keto]), elles sont souvent très efficaces (au début), puisque le fait de couper un groupe d’aliments en entier est une façon simple de limiter les calories ingérées…

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Bref, peu importe la diète populaire à laquelle vous pouvez penser, elles ont toutes un point en commun : la restriction calorique.

À l’inverse, cela paraît saugrenu, mais il est également facile de PRENDRE du poids avec n’importe quelle diète. Et oui, si vous ingérez des calories en surplus par rapport à vos besoins, peu importe le type d’aliments, vous gagnerez du poids.

Au final, l’important est de sélectionner une approche à laquelle il sera facile et réaliste d’y adhérer è long terme. En ce sens, plutôt que de passer d’une diète à une autre en espérant trouver la solution à vos problèmes, trouver la façon de vous alimenter qui correspond à vos préférences personnelles.

Références pertinentes à consulter :

 

 

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